Margin Call raconte les dernières 24 heures précédant la crise financière de 2008, au sein d'un établissement financier, type Lehman Brother. Par l'attention qu'il porte à la sociologie de son milieu, ce long-métrage ressemble aux séries américaines modernes : Maison Blanche, The Wire, Mad Men, ou Soprano. Il manque toutefois une intrigue haletante pour emballer le tout. La tension repose uniquement sur le couperet du désastre financier qui s'annonce. Mais elle patauge dans un océan de chiffres, de personnages (masculins essentiellement), et de réunions techniques.
Quelle écume reste-t-il de ce bazar ? D'abord, la prestation de trois anciennes stars à leur top niveau : Kevin Spacey, Demi Moore, et Jeremy Irons. Ensuite, une vision de la finance, démystifiée. A travers des portes vitrées, le film décrit un monde émotif, irresponsable et hiérarchique. En bas de l'échelle : des traders, surdoués de mathématiques, qui ont préféré décupler leur salaire plutôt que de construire des fusées spatiales. Au dessus d'eux : des managers requins, moins à l'aise avec les chiffres, mais qui savent motiver leurs troupes, jonglant avec les plans de licenciements et les primes de rendements, comme le boulanger avec sa pâte à pain. Et ceux qui tiennent les rennes : des dirigeants fortunés qui s'adaptent aux retournements de l'économie. Avec tout cela, le film a fait un tabac : 150 000 spectateurs la première semaine en France.
A noter : Le titre Margin Call a un double sens : il signifie à la fois « appel de marge », un terme boursier, et « l'appel de la marge », la cupidité de la finance.
En lien : une brillante analyse du journal Le Monde
Film américain de J.C. Chandor, sorti le 2 mai 2012 en France


